Germain Lacasse, Université de Montréal.

La théorie du cinéma, entre oralité et littérature

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déictiques

« Les déictiques sont les signes référant au contexte d’énonciation, par exemples les pronoms, les démonstratifs, les temps des verbes. Dans la communication orale ces signes situent la présence et la performance de l’énonciateur, par exemple s’il dit très fort : « Regardez maintenant vers la gauche de l’écran ! » L’appartenance du cinéma bonimenté à une deixis de type oral semble assez pertinente quand on examine les conclusions des principaux spécialistes du cinéma des premiers temps. Ceux-ci insistent beaucoup sur le fait que ce cinéma maintenait son spectateur à l’extérieur de l’espace diégétique, tandis que par la suite le cinéma narratif évolua rapidement vers une forme y intégrant le spectateur. Le bonimenteur était un artiste connu qui traitait le film comme un lieu lointain ou étranger, ce qui était accentué par un montage discontinu et un cadrage invariable, tandis que le film narratif multipliera les angles, les distances et les raccords de causalité pour attirer (littéralement et cognitivement) son spectateur dans l’espace du récit, pour passer de la monstration à la narration. »

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