![]() |
Germain Lacasse, Université de Montréal.La théorie du cinéma, entre oralité et littérature |
|
![]() |
deixis« Au-delà de la situation de l’énonciation, la deixis peut renvoyer à des conceptions différentes de l’espace cinématographique et de son utilisation dans la communication. La deixis de type littéraire est un espace abstrait et clos, où le spectateur doit adopter le point de vue des personnages ou d’un narrateur implicite, où le spectateur est captif d’une rhétorique fermée et ne peut s’en détacher qu’en refusant le contrat de lecture qui lui est proposé. La deixis de type oral suppose une autre conception de l’espace du film. Au lieu d’un espace d’absorption, c’est un espace de rencontre, c’est un espace tentant de restituer la matérialité de la rencontre physique entre le spectateur et l’instance d’énonciation. Au lieu d’une communication intériorisée et quelque peu désincarnée, il s’agit d’une expérience plus sensible et cognitivement plus proximale. En fin de compte, on ne peut parler de deixis orale mais plutôt semi orale puisque le cinéma apparaît dans des sociétés déjà pénétrées par l’expérience littéraire. Mais loin de se faire selon un modèle unique d’évolution, la réception du cinéma aussi bien que sa production sont conditionnés par le contexte oral ou littéraire du milieu où elles se développent. » |
|
|
||
|