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Découpage de Philippe Marion1. Approche globalisante : archéologie et
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À tout seigneur tout honneur, on peut déjà re-situer ce que vient de nous dire Jürgen Müller à propos de cette question d’archéologie. Alors Jürgen se place sous le modèle d’une double archéologie de l’intermédialité, c’est à dire que ça permet de donner à cette notion d’intermédialité son épaisseur, dans le sens dynamique du terme, son épaisseur historique. Donc il nous a parlé de la question de la fonction sociale – fonction sociale et historique – du processus de l’intermédialité en restituant au mot fonction tout son sens quasiment heuristique et épistémologique qui me semble tout à fait important de souligner. Il a aussi parlé de manière très illustrée de cette vision très primitive de la télévision. Cette sorte d’anticipation d’un média qui allait naître. Dans l’anticipation, je crois qu’il y a une configuration intermédiale tout à fait intéressante à signaler. C’est d’ailleurs cette notion de travail sur l’anticipation ce que nous a proposé William Uricchio qui se situe lui aussi dans une compréhension de l’intermédialité à partir des représentations présentes dans les médias virtuels de la fin du XIXe siècle. Là on retrouve cette idée de médialité virtuelle, d’intermédialité virtuelle dont j’ai parlé tout à l’heure et je crois que dans ces médias virtuels – le téléphone, le télégraphe à images, et le téléphonoscope – il y a une représentation de l’intermédialité qui est importante à étudier me semble-t-il. C’est d’ailleurs la problématique passionnante de se pencher sur les médias morts. Les médias qui sont morts-vivants ou qui n’ont pas vraiment existé parce qu’il y a toujours un enjeux intermédial dans ces médias défunts ou ces médias mort-nés. Donc ça pose là la question du lien étroit qu’il y a entre l’intermédialité et la notion d’équipement, de technique, de possibilités des techniques : même des possibles fantasmés des techniques, ce qui est le cas pour ce genre de médias virtuels. Les vieux médias associés cette fois à une utopie représentatrice et significatrice a été le propos de Viva Paci lorsqu’elle nous a parlé, d’ailleurs avec un très joli titre, « Entre utopie et vieux jeu » du travail de Chris Marker sur le ciné-tract. De la même façon que ce que j’ai dit tout à l’heure il y a dans ce ciné tract – pour reprendre ses propres mots – une interface, donc une pratique intermédiale qui re-médiatise le moment de mai ’68 avec ce bric-à-brac intermédial de fragments, de différents matériaux sémiotiques qui sont mis à la disposition du public dans un certain contexte très marqué bien sûr et qui d’ailleurs lorsqu’on le concerne aujourd’hui donne un décalage qui n’est pas inintéressant. Le travail de Tomas Lamarre était me semble-t-il dans cette configuration là aussi puisqu’il proposait d’étudier les nouveaux médias à partir de l’angle de l’intermédialité, ce qui permet par exemple d’éviter cette sorte de discours modernisant, ce discours de la modernité que l’on plaque de manière parfois artificielle sur les nouveaux médias. Donc l’intermédialité, le regard de l’intermédialité permet de restituer une épaisseur historique encore une fois à cette notion de nouveaux médias, ne serait-ce dans la manière où il brasse les old media, les anciens médias. Alors l’archéologie de l’intermédialité est aussi bien sûr travaillée, c’était la conférence inaugurale, par Walter Moser qui nous a donc proposé de notamment à partir des œuvres de Blates et Hoffmann un positionnement par rapport à l’intermédialité et l’interartialité comme il le dit donc cette jonction entre intermédialité et interartialité. Alors l’idée intéressante me semble-t-il dans les propos de Walter c’est qu’un art a besoin de se heurter, de se situer par rapport à un autre art pour parvenir à faire ressortir sa propre médialité. C’est l’idée que la médialité, disons la matérialité d’un art, ne peut apparaître que de manière intermédiale précisément. Donc il y a, si je le dis autrement, une perte de transparence par l’opacité apportée par un autre art. C’est l’autre art qui permet, donc pratique de l’intermédialité qui permet de quitter cette transparence, cette immanence qui est présente dans les arts et dans les médias en général. Selon Walter il faut donc de la re-médiation pour qu’un art découvre sa propre médialité et il a montré cela notamment à partir du Passion de Godard qui utilise la peinture pour faire ressortir la médialité du film d’une certaine manière. Remarquons ici au passage que l’association entre art et média peut être une questions, peut être une des limites : jusqu’à quel point un art comme la peinture peut-il être considéré comme un média, et si oui pourquoi ? C’est une question qui je crois n’est pas entièrement résolue. Alors la volonté de la trace, d’une généalogie de l’intermédialité, se trouve aussi dans l’approche de Mikko Lehtonen qui re-situe l’intermédialité et multi-modalité dans cette fois le cadre des études culturelles. La manière dont ces études culturelles notamment établissent des répartitions interdisciplinaires, ce qui me semble intéressant aussi. Ne serait-ce que dans la manière dont les études culturelles gèrent la question du symbolique et du médiatique. Je crois qu’il y a quelque chose qui permet d’éclairer la généalogie, l’archéologie de l’intermédialité à partir de ces études culturelles. L’approche de Philippe Despoix même si on peut, je la met dans la grande catégorie des généalogies et des archéologies, me semble spécifique dans la mesure où il s’agit ici plutôt d’une anthropologie historique, pourrait-on dire, qui retrace ou qui tente de retracer l’évolution notamment des syncrétismes parole-image geste-parole-image etc. dans une perspective notamment de Leroi-Gourhan ce qui permet d’éclairer différemment aussi cette question de la généalogie de l’intermédialité. |
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