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Découpage de Philippe Marion2. Re-médiation |
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Une deuxième orientation serait cette fois centrée sur l’idée de re-médiation, la question de la remediation. Même si re-médiation, on l’a souligné, est ambiguë en français. Re-médiation / remède, on rejoint d’ailleurs un débat que nous avons eu hier sur les symptômes : des symptôme au remède il n’y a qu’un pas. Donc là il y a une petite ambiguïté en français : c’est plus intéressant en anglais me semble-t-il remediation. Cette notion de re-médiation, remediation, est évidemment centrale parce qu’elle permet de voir à quel point un média construit son identité sur un recyclage médiatique pourrait-on dire. Cette idée d’ailleurs n’est pas sans lien, originellement, avec un auteur que nous avons rencontré au cours du colloque. C’est Janine Marchessault qui a travaillé sur les idées de Marshall McLuhan qui évoque ces énergies hybrides. C’est l’idée aussi, qui est proche de la re-médiation pour McLuhan, d’un enchâssement dans les médias. C’est-à-dire qu’un média est toujours engrossé, pourrait-on dire, d’un média qui va le suivre. Il porte en lui la construction d’un média qui va le succéder, le supplanter, de la même manière qu’il reflète les anciens médias. Dans l’identité des médias il y a toujours un effet de poupées russes pourrait-on dire, un enchâssement médiatique qui me semble intéressant. Cette approche, cette idée à toutes choses égales par ailleurs, avec des nuances est développée par Yvonne Spielmann notamment à partir des travaux des Vasulkas qui exploitent de manière hypertrophiée pourrait-on dire la dynamique intermédiale et dans le sens d’une convergence de la vidéo et de l’informatique, ce qu’elle a bien montré. Et alors Yvonne nous a montrée que le contexte intermédial dans lequel émergent les nouveaux médias comme cette question de vidéo informatisée, est tout à fait déterminante. On pourrait même dire qu’il y a une émergence intégrative – un média qui émerge dans un environnement intermédial et doit se situer par rapport à cet environnement et une émergence différentielle – dans la mesure où un média parvient à acquérir une singularité, sa singularité propre, mais en assumant précisément, en se situant par rapport à l’intermédialité ambiante et en absorbant de manière singulière l’intermédialité. Il me semble qu’il y a un lien possible, en voyant cette conférence, je trouve qu’il y a un lien possible avec cette idée pourtant apparemment très différente développée par Elias Canetti dans Masse et puissance. Il dit, en parlant de la foule, il y a de la foule à l’extérieur de moi, lorsque je suis dans une foule, mais j’ai aussi de la foule en moi. À l’extérieur et en moi. Je crois qu’il y a ça dans l’environnement intermédial. Dans un média, il y a de l’intermédialité extérieure, mais il y a une absorption, une intégration de l’intermédialité au sein même du média. Alors la re-médiation, remediation, est aussi au cœur du travail de Alice Van der Klei sur les hypertextes, notamment lorsqu’elle analyse la circulation inter-iconique intermédiatique de l’imagerie du Che Guevarala, avec la belle formule de « refaçonner Che Guevarala » (refashion). L’intérêt est ici d’établir un lien entre – entre autres – médiation et théorie médiologique. On a plusieurs fois abordé et fait le lien avec la théorie de la médiologie, notamment en insistant sur le sens décisif pour comprendre les médias, le sens décisif que revêtent les interstices, les passages, les plis dirait Deleuze, entre les différents techno-médiasphères dans le sens des médiologues. Alors la re-médiation, remediation, est évidemment puisqu’il est un des créateurs du concept, au centre du propos de Jay David Bolter, mais qu’il a abordé ici sous un angle plus particulier, à savoir celui du cinéma hollywoodien face à la technologie numérique. Alors l’idée intéressante là me semble être celle d’une intermédialité qui se comporte, pourrait-on dire, comme instinct de survie d’un média. Ou une sorte de re-médiation forcée, d’une certaine manière. Puisque la pratique hollywoodienne, notamment dans The Matrix qu’il a évoqué, la pratique hollywoodienne de convoquer l’intermédialité par l’infographie, ou par la diégétisation comme dans The Matrix, est une manière de neutraliser le péril numérique qu’on peut considérer comme concurrent. Donc là ça rejoint une perspective, disons, socioéconomique, puisque le cinéma hollywoodien est pour ainsi dire acculé à l’intermédialité pour préserver sa domination sur le marché. |
Découpage : Approche globalisante | Re-médiation | Pratiques intermédiatiques | Méta-intermédialité | Gestion collective
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